Le Conseil canadien de la magistrature tiendra une réunion publique dans l'affaire du juge P.T. Matlow


Ottawa, le 12 juin 2008 – Conformément au Règlement administratif du Conseil canadien de la magistrature sur les enquêtes, le Conseil a été informé que l’honorable Theodore Matlow, de la Cour supérieure de justice de l’Ontario, a l’intention de présenter des observations écrites et de comparaître devant le Conseil pour faire une brève déclaration de vive voix au sujet du rapport du comité d’enquête, qui a été rendu public le 29 mai 2008. Le Conseil projette de tenir une réunion publique le 21 juillet 2008, à compter de 10 h 00, dans la salle Alpine, étage des conférences, de l’hôtel Sheraton Gateway, situé à l’aérogare 3 de l’Aéroport international Lester B. Pearson, à Toronto (Ontario).

Le comité d’enquête constitué pour examiner la conduite du juge Matlow a fait rapport des résultats de son enquête et de ses conclusions au Conseil canadien de la magistrature à la fin du mois de mai 2008. Le rapport du comité d’enquête, qui est affiché sur le site Web du Conseil, conclut qu’il y a lieu de recommander que le juge Matlow soit démis de ses fonctions.

Selon le Règlement administratif du Conseil, le juge Matlow a jusqu’au 30 juin 2008 pour présenter au Conseil des observations écrites au sujet du rapport. Le Règlement administratif prévoit aussi que le juge Matlow peut comparaître devant le Conseil en personne, avec ou sans avocat, pour faire une brève déclaration de vive voix au sujet du rapport. L’avocat indépendant dans cette affaire, Me Douglas Hunt, peut aussi répondre aux observations écrites ou à la déclaration de vive voix du juge Matlow. Les observations écrites seront rendues publiques.

Après avoir entendu tous les arguments, le Conseil fera une recommandation au ministre de la Justice, à savoir si le juge Matlow devrait être démis de ses fonctions pour l’un ou l’autre des motifs énoncés au paragraphe 65(2) de la Loi sur les juges. En vertu de la Constitution du Canada, un juge ne peut être démis de ses fonctions que par une adresse conjointe du Sénat et de la Chambre des Communes.

Le Conseil canadien de la magistrature est composé des juges en chef et des juges en chef adjoints des cours supérieures du Canada.  Pour obtenir plus de renseignements sur le Conseil, y compris les documents relatifs au comité d’enquête sur cette affaire, voir le site Web du Conseil : www.cjc-ccm.gc.ca.

Renseignements :
Norman Sabourin, Directeur exécutif et avocat général principal
(613) 288-1566, poste 301

Le processus de traitement des plaintes

Si une personne croit qu’il y a lieu de s’interroger sur la conduite personnelle d’un juge (en salle d’audience ou en public), elle peut déposer une plainte au Conseil canadien de la magistrature. Le Conseil examine seulement les plaintes concernant la conduite des juges et non leurs décisions judiciaires.

La procédure à suivre est simple: la plainte doit être formulée par écrit et doit porter sur la conduite d’un juge nommé par le gouvernement fédéral. Il n’y a aucun formulaire spécial à remplir. Il n’est pas nécessaire d’être représenté par un avocat. Il n’y a aucuns frais à payer.  Dans la mesure du possible, le Conseil traite les plaintes anonymes de la même façon que les plaintes signées.

Lorsque le Conseil reçoit une plainte, la question essentielle à laquelle il doit répondre est de savoir si la conduite d’un juge empêche ce dernier de remplir ses fonctions judiciaires. En pareil cas, le Conseil doit décider s’il y a lieu de recommander que le juge soit démis de ses fonctions.

Une plainte est examinée d’abord par un membre du Comité sur la conduite des juges. Si une plainte est manifestement frivole ou si elle ne relève pas du mandat du Conseil, elle est rejetée. Dans environ la moitié des cas, la plainte est examinée plus en profondeur et le Conseil remet une copie de la plainte au juge en question et à son juge en chef afin d’obtenir leurs commentaires. Dans bien des cas, la plainte est résolue à ce stade et une lettre explicative est envoyée au plaignant.

Si la plainte ne peut être résolue à ce stade, le dossier peut être renvoyé à un sous-comité, composé d’un maximum de cinq juges, pour un examen plus approfondi. Si le sous-comité conclut que la plainte est fondée mais qu’elle n’est pas suffisamment grave pour passer à la prochaine étape (la constitution d’un comité d’enquête), il peut fermer le dossier et exprimer ses préoccupations au juge, ou il peut recommander le recours à des services de consultation ou à d’autres mesures correctives.

Si la plainte semble être suffisamment grave pour justifier la révocation du juge, le sous-comité peut recommander que le Conseil constitue un comité d’enquête. Une fois son enquête terminée, le comité d’enquête fait rapport de ses conclusions au Conseil canadien de la magistrature. Le Conseil décide ensuite s’il y a lieu de recommander au ministre de la Justice du Canada que le juge soit démis de ses fonctions. En vertu de la Constitution du Canada, un juge ne peut être démis de ses fonctions que par une adresse conjointe du Sénat et de la Chambre des Communes.

Renseignements

Le comité d’enquête qui a revu la conduite du juge Matlow est composé de trois membres de la magistrature, nommés par le Conseil, et de deux avocats supérieurs, nommés par le ministre de la Justice. Les membres du comité sont : 

  • l’honorable Clyde K. Wells, juge en chef de Terre-Neuve et du Labrador (président);
  • l’honorable François Rolland, juge en chef de la Cour supérieure du Québec;
  • l’honorable Ronald Veale, juge principal de la Cour suprême du Territoire du Yukon;
  • Maria Lynn Freeland, procureure principale de la Couronne, de Meadow Lake (Saskatchewan); et
  • Douglas M. Hummell, avocat, de St. Catharines (Ontario).

Un avocat indépendant, Douglas Hunt, du cabinet Hunt Partners LLP, a été désigné pour présenter l’affaire au comité d’enquête. L’avocat indépendant a pour mandat d’agir dans l’intérêt du public et de porter tous les faits pertinents et toutes les questions de droit devant le comité. Le juge Matlow est représenté par Paul Cavalluzzo, du cabinet Cavalluzzo, Hayes, Shilton, McIntyre & Cornish LLP.